La construction

  

 

En mars 1941 le Festung Pionner stab 27 commandé par l' Oberst Kurt Michelmann, composé d'officiers, de soldats et de civils arrive d'Allemagne et s'installe dans les châteaux du village voisin à Hallines. Cet état-major est chargé des études pour la réalisation des constructions du Mur de l’Atlantique ainsi que des armes secrètes. 

  

                                                                       

De nombreux gradés logent chez l'habitant et les dépendances des châteaux sont transformées en cantonnement pour les soldats. Un standard téléphonique et un secteur postal desserviront cet état-major (Felpost n° 19484).

 Fin 1941 les allemands entreprennent des travaux de construction dans le village. Des bureaux d'études seront bâtis en dur dans le parc au sud du château Paul Dambricourt (ces bureaux existent toujours). Pour y accéder une route en béton large de 3 mètres remplacera l'allée en gravier. 

Bureaux d'études constuits dans le parc du chateau Dambricourt à Hallines

Par la suite la firme allemande BAUWER va construire dans le parc du château Dambricourt un blockhaus de type R608 afin de mettre à l'abri le personnel et les officiers de l'état-major du festung Pi. stab 27 contre les attaques aériennes. Cet abri sera construit à quelques pas de l'entrée de l'office afin de faciliter l'évacuation en cas d'alerte. Ce blockhaus existe toujours et il est dans un état de conservation remarquable.  

 

Le chateau de la Famille Dambricourt occupé par les Allemands

Peu après avoir retenu le site d'Eperlecques, les ingénieurs du festung Pi. stab 27 avaient repéré, des février 1943, une carrière à chaux à Wizernes. Cette dernière appartenant à monsieur Maquart était d'ailleurs accessible par le rail et elle était voisine d'une autre carrière utilisée pour l'exploitation de la marne. Un éperon crayeux les séparaient. Toutes deux étaient adossées au flanc du mont d'Helfaut et parallèles à la ligne férroviaire Saint-omer / Boulogne. 

 

La carrière Maquart avant l'occupation

Le site de Wizernes a été conçu pour être un lieu de production, de stockage et de lancement pour les fusées V2. L'emplacement a été choisi non loin d'un canal, desservi par plusieurs routes et une voie ferrée, et avec sable et ciment disponibles sur place.

Les travaux, commencés en octobre 1943, ont été réalisés par des travailleurs forcés mais aussi des volontaires Français, Belges et des prisonniers soviétiques, sous la direction de l' organisation Todt qui avait la charge d'édifier rapidement des «constructions spéciales» (« Sonderbauten ») à même de protéger les déploiements des nouvelles armes nazies.  

L'objectif était de construire rapidement un bunker capable de menacer la ville de Londres située à 200 kilomètres au nord-ouest et de remplacer le prédécesseur de la Coupole qui était le blockhaus d'Eperlecques car ce dernier s'était avéré trop vulnérable aux bombardements aérien. Des tunnels ferroviaires ont été creusés sous terre pour permettre aux pièces de fusée d'être apportées sans risque à l'intérieur. Au total plus de 6 kilomètres de galeries ont été creusés par les prisonniers soviétiques afin de stocker les fusées à 42 m de profondeur. Des casernes souterraines ainsi que des zones administratives ont aussi été creusées et renforcées par du béton. 

 

Chantier du site de la Coupole d'Helfaut-Wizernes

 

En janvier 1944, un énorme dôme de béton d'un diamètre de 71 m et épais de 5 m, pesant environ 55 000 tonnes fut construit. C'est cette coupole qui a donné son nom au site. Sur le chantier il est noté la présence de l'entreprise Philipp Holzmann, la société sofki, les entreprises AEG et Fossdorf. 

Dès leur arrivée, les travailleurs libres et les S.T.O. logeaient dans la camp du bois de Bilques tandis que les prisonniers Russes étaient chaque jours débarqués du train en provenance d'Hazebrouck.

Les ingénieurs nazis ont pu construire cette immense structure en béton armé en le coulant directement sur la craie qu'ils avaient préalablement taillée en forme concave pour en faire un moule. Une fois en place, la craie située en dessous de la coupole fut excavée. Sous cet espace, une deuxième couche de béton a été coulée, augmentant ainsi la résistance aux bombes.

Directement sous cette structure, une vaste salle hexagonale de 21 m de haut a été créée afin d'accueillir l'usine de production des fusées. Une fois assemblés et remplis de carburants, les V2 étaient déplacés à l'extérieur et mis à feu à la cadence maximale théorique de 50 toutes les 24 heures. 

 

Plan de la Coupole

 

La résistance Française a informé les Anglais du potentiel dévastateur de La Coupole peu après que sa construction eut commencé. Les premières tentatives pour la détruire n'ont cependant pas eu lieu avant mars 1944. À cette date, le dôme protecteur avait déjà été terminé.  

Au cours des cinq mois suivants, 3 000 tonnes de bombes alliées ont été larguées sur l'installation, criblant le plateau d'Helfaut de cratères, mais sans succès. Aucune bombe n'atteignit l'usine de production bien à l'abri sous terre. Toutefois une bombe Tallboy de 5 tonnes endommagea la craie environnante mais le dôme est resté intact.

  

 

Le site a été fermé en juillet 1944 avant qu'il n'ait été terminé et avant qu'il n'ait mis à feu la moindre fusée. Hitler a ordonné son abandon et les prisonniers soviétiques ont été mis dans des trains et renvoyés en Allemagne. Les prisonniers n'ont jamais été retrouvés.  

 

Sous-pages :

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site